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La lutte contre le dopage constitue une
préoccupation majeure du Ministère de la
Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative.
Car s’il convient d’écarter les discours
réducteurs laissant penser que tous les sportifs
seraient soit dopés, soit complices, il est
indéniable que le dopage affecte une grande
variété de disciplines sportives, et ce à tous
les niveaux de pratique. La volonté politique de
lutte du Ministère s’est concrétisée ces
dernières années par une série de mesures et
d’initiatives, dont l’adoption de la loi du 5
avril 2006, codifiée dans le livre II – Titre
III du code du sport, qui renforce les moyens
d’action sous un angle à la fois préventif et
répressif et qui harmonise le dispositif
national avec le nouveau cadre international.
La loi du 5 avril 2006 répond à un triple
objectif :
- Améliorer les outils et le cadre juridique de
la loi contre le dopage, pour rendre plus
performant le dispositif national
- Harmoniser ce dispositif national avec le
nouveau cadre international, en tenant compte de
la création de l’Agence Mondiale Antidopage
(AMA) et du Code mondial antidopage
- Renforcer la protection de la santé des
sportifs.
La lutte contre le dopage est renforcée selon
trois axes :
1. Création d’une autorité administrative
indépendante, l’Agence Française de Lutte contre
le Dopage (AFLD) (qui se substitue au Centre de
Prévention et de Lutte contre le Dopage) chargée
de veiller à l’efficacité et à l’effectivité de
cette lutte.
2. Modification de la dénomination des Antennes
Médicales de Lutte contre le Dopage qui
deviennent les Antennes Médicales de Prévention
du Dopage (AMPD). Ce sont des structures de
prise en charge des sportifs ayant eu recours à
des pratiques dopantes ou susceptibles d’y
recourir.
3. le volet relatif à la répression de certaines
infractions graves est conservé. Les sanctions
pénales à l’encontre des trafiquants et des
pourvoyeurs peuvent aller jusqu’à sept ans
d’emprisonnement et 150 000 € d’amende lorsque
les faits sont commis en bande organisée ou
s’ils sont commis à l’encontre d’un mineur. En
dehors de ces cas, la peine maximale est de cinq
ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
Des peines complémentaires peuvent en outre être
prononcées : fermeture des établissements
sportifs où le trafic a eu lieu ou interdiction
d’exercice professionnel pour le pourvoyeur par
exemple.
Rôle des fédérations sportives :
1. elles exercent le pouvoir disciplinaire sur
les sportifs :
Les sportifs qui se dopent encourent quant à eux
des sanctions sportives prononcées par leurs
propres fédérations. Ces fédérations ont dix
semaines pour statuer en première instance, la
procédure complète (première instance puis
appel) ne devant pas excéder 4 mois.
2. elles ont une mission de surveillance
médicale vis-à-vis des sportifs :
Les fédérations sportives ont une mission de
surveillance médicale renforcée vis-à-vis de
leurs licenciés. Cette obligation est plus ou
moins importante selon l’intensité de la
pratique des licenciés : elle va d’un certificat
médical d’absence de contre-indication à la
compétition sportive pour les pratiquants même
dans le cadre d’une activité pratiquée durant
les loisirs, à une surveillance très complète
des sportifs de haut niveau.
Moyens affectés à la lutte contre le dopage :
En parallèle à cette loi, un réseau de 24
médecins conseillers, placés auprès des
directeurs régionaux et départementaux de la
jeunesse et des sports, complète le dispositif
de lutte et de prévention contre le dopage.
Venant enrichir un effectif déjà riche de 21
médecins contractuels et un chef de département
médical, 8 masseurs-kinésithérapeutes et 22
infirmiers (répartis entre l’administration
centrale, les établissements régionaux du
ministère et l’INSEP), ces médecins conseillers
coordonnent dans chaque région l’application de
la politique médico-sportive décidée au niveau
national et impulsent de nouveaux projets locaux
de prévention. Ils participent également à
diverses actions conduites par la Mission
Interministérielle de Lutte contre la Drogue et
la Toxicomanie (MILDT).
Les moyens financiers mis à disposition ont
logiquement suivi une courbe ascendante. En
2006, le budget consacré par le Ministère de la
Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative à
la protection de la santé des sportifs et à la
lutte contre le dopage s’élevait à 22,24 M¤
contre 5,64 M¤ en 1997, soit une hausse de plus
de 300 % en 10 ans. Le budget 2006 se découpe
ainsi : 17,42 M¤ sur le programme sport, 2,37 M¤
sur le programme conduite et pilotage et 2,45 M¤
sur le PNDS. S’ajoute à ce budget la part
régionale du CNDS dont la consommation sera
connue courant 2007.
Cette augmentation des moyens financiers a
notamment permis de :
- Financer et soutenir l’Agence Française de
Lutte contre le Dopage (AFLD) en 2006 pour
l’établissement du programme national de
contrôles, les analyses des échantillons (par
son département des analyses), la recherche sur
les méthodes de détection et la réalisation de
ses missions disciplinaires.
- Apporter régulièrement un soutien financier
direct à divers projets d'études et de
recherches : nandrolone, bêta2-agonistes,
dépistage cardiovasculaire des SHN, expertise
collective sur les bénéfices et les risques des
activités physiques et sportives pour la santé
des pratiquants confiée à l'INSERM...
- Augmenter le nombre d’analyses de prélèvements
urinaires. 8791 analyses ont ainsi été réalisées
en 2005 par le département des analyses de l’AFLD,
en tant que LNDD, pour le compte du Ministère de
la Jeunesse, des Sports et de la Vie
Associative, parmi lesquels 60% étaient
inopinés. Plus de 73% des contrôles ont eu lieu
en compétition (inopinés et non inopinés).
- Mettre à disposition des sportifs et de leur
entourage une antenne médicale dans chaque
région ainsi qu’un dispositif national d’écoute
téléphonique (Numéro Vert Ecoute Dopage : 0800
15 2000).
- Soutenir les fédérations dans le cadre du
suivi médical des sportifs de haut niveau, de
l’encadrement médical des compétitions et des
actions de prévention
- Mettre en place une stratégie de la prévention
du dopage en coordonnant l’ensemble des acteurs
concernés.
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