Substances et méthodes interdites

   
 
 
Les substances dopantes et les méthodes de dopage interdites figurent sur une liste qui répond à une double préoccupation de protection de la santé des sportifs d’une part, et de l’esprit et l’éthique sportif, d’autre part.
 
Procédure d’adoption de la liste
 
La France reconnaît la liste de référence des classes pharmacologiques de substances et de procédés dopants interdits, révisée et adoptée par le Groupe de suivi de la Convention contre le dopage du Conseil de l'Europe. Cette convention, pour mémoire, a été adoptée le 16 novembre 1989 et publiée, par décret n°91-274 du 13 mars 1991, au Journal officiel de la République française (JORF) du 16 mars 1991.
 
La liste des substances dopantes et méthodes de dopage interdites reprend celle élaborée et proposée par l’Agence mondiale antidopage (AMA), adoptée par le Comité international olympique (CIO) et par les fédérations sportives internationales.
 
En France, un décret fixant la liste des substances dopantes et méthodes de dopage interdites (article L.3631-1 du code de la santé publique), reprenant la liste internationale précitée est, par la suite, publié au JORF
 
Les sportifs ayant eu recours au dopage sont sanctionnés sur la base de ce décret par les instances disciplinaires sportives telles que les commissions disciplinaires des fédérations françaises et l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Le texte réglementaire actuelle en vigueur est le décret n°2008-35 du 10 janvier 2008
 
 
 
Contenu de la liste
 
Il existe une distinction entre les contrôles effectués en compétition et hors compétition (entraînement, etc.). 

La liste comprend :
  • Les classes des substances et méthodes interdites en permanence (en compétition et hors compétition)
  • Les substances interdites uniquement en compétition
  • Les classes des substances interdites dans certains sports
 
Substances et méthodes interdites en et hors compétition (en permanence)
 
Stéroïdes androgènes et autres anabolisants : ils augmentent la masse musculaire mais aussi l'agressivité. La testostérone et ses dérivés synthétiques sont les représentants majeurs de cette classe.
 
Hormones peptidiques et assimilées : véritables messagers physiologiques, elles possèdent un système d'autorégulation à l'intérieur de l'organisme, afin de respecter l'équilibre hormonal (GH, hCG, EPO, MGFs, ACTH par exemple).
 
Bêta-2 mimétiques : ils sont tous interdits sauf le formotérol, le salbutamol, le salmétérol et la terbutaline exclusivement sous forme d'inhalation avec une justification médicale préalable pouvant prendre la forme d’une AUT allégée.
 
Agents ayants une action antioestrogène : ce sont des composés qui modifient le profil hormonal de l’individu.
 
Agents masquants : ce sont des produits qui ont la capacité de moduler l’excrétion des produits ou de dissimuler leur présence dans les prélèvements effectués lors des contrôles antidopage (diurétiques, hydroxyéthylamidon, épitestostérone, finastéride par exemple).
 
Le dopage sanguin, les manipulations physiques et chimiques ainsi que le dopage génétique sont rigoureusement interdits.
 
Classes de substances et méthodes interdites en compétition
 

Outre les classes de substances énumérées ci-dessus, les classes suivantes sont interdites en compétition :

 
Stimulants : ils agissent sur le système nerveux central et favorisent l'état de vigilance (amphétamine, éphédrine et cocaïne en sont des exemples).
 
Pour 2007, le bupropion, la caféine, la phényléphrine, la phénylpropanolamine, le pipradol, la pseudoéphédrine et la synéphrine ne sont pas considérés comme des substances interdites mais seront soumis au programme de surveillance de l’AMA
 
Analgésiques centraux et narcotiques : ils effacent les signaux d'alerte périphériques comme la douleur et possèdent une action neurologique centrale (morphine par exemple). Il faut signaler que la notion de « substances apparentées » a été retirée de cette classe pour laquelle seules les substances mentionnées sont interdites.
 
Le cannabis est interdit en compétition.
 
Glucocorticoïdes: naturels (cortisol) ou de synthèse, ils diminuent la douleur et l'inflammation et sont euphorisants. Ils sont interdits par voie générale (orale, rectale, injection intraveineuse et intramusculaire). Leur utilisation sous toute autre forme nécessite une justification médicale qui peut prendre la forme d’une AUT allégée à l’exception des préparations cutanées qui sont désormais autorisées.
 
Classes de substances interdites dans certains sports
 
Alcool (éthanol) : interdit en compétition seulement, dans les sports suivants. La détection sera effectuée par éthylométrie. Le seuil de violation est indiqué entre parenthèses. Si aucune valeur n’est indiquée, la présence de la moindre quantité d’alcool constituera une violation des règles antidopage. Aéronautique (FAI) (0,20 g/l), Automobile (FIA) (0,10 g/l), Boules (CMSB)(0,10 g/l) (IPC boules), Karaté (WKF) (0,10 g/l), Motocyclisme (FIM) (0,10 g/l), Motonautique (UIM) (0,30 g/l), Pentathlon moderne (UIPM) (0,10 g/l) pour les épreuves comprenant du tir, Tir à l’arc (FITA) (0,10 g/l).
 
 
Bêta-bloquants :
À moins d’indication contraire, les bêta-bloquants sont interdits en compétition seulement, dans les sports suivants :
Aéronautique (FAI), Automobile (FIA), Billard (WCBS), Bobsleigh (FIBT), Boules (CMSB, IPC boules), Bridge (FMB), Curling (WCF), Gymnastique (FIG), Lutte (FILA), Motocyclisme (FIM), Pentathlon moderne (UIPM) pour les épreuves comprenant du tir, Quilles (FIQ), Ski (FIS) pour le saut à skis, freestyle, le saut/halfpipe et le snowboard halfpipe/big air, Tir (ISSF, IPC) (aussi interdits hors compétition), Tir à l’arc (FITA) (aussi interdits hors compétition), Voile (ISAF) pour les barreurs en match racing seulement.
 
 
 
Quelques points sont à préciser :

Dans un but pédagogique, les seuils de positivité ne sont pas systématiquement mentionnés dans l’arrêté. En effet la notion de seuil revêt plusieurs cas de figure :
  • - La substance est autorisée jusqu’à un certain seuil : cette information doit être connue et figure donc sur la liste (exemple : éphédrine jusqu’à 10 microgrammes par millilitre d’urine) ;
  • - La substance est interdite mais il y a nécessité d’effectuer des investigations complémentaires en cas de résultat positif. La mention du rapport testostérone sur épitestostérone (positivité au-delà de 4) illustre ce propos ;
  • - La substance est interdite auquel cas l’existence d’un seuil a pour objectif d’éliminer des résultats faussement positifs dus à certains facteurs tels que l’existence de la substance sous forme endogène (nandrolone), une interrelation entre substances (morphine, interdite et codéine, autorisée), la limite technique de détection de la substance et la notion d’inhalation passive (cannabis). Ces informations sont donc communiquées au laboratoire antidopage afin qu’il en tienne compte dans le rendu des résultats d’analyse. La définition de seuils analytiques dans la liste inciterait le sportif à penser, à tort, que des substances telles que la nandrolone et le cannabis sont tolérées jusqu’à un certain seuil.
 
Pour en savoir plus :
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